Planet Diversity World Congress on the Future of Food and Agriculture

Partage des bénéfices?

Légitimer la commodification de la nature et des savoirs

Organisateur: Karsten Wolff, Thanal, Inde

Intervenants:
Farida Akther, UBINIG, Bangladesh
Mariam Mayet, African Centre for Biosafety, Afrique du Sud
Ushakumari Jayakumar, Thanal, Inde
Alejandro Argumedo, ANDES, Pérou

Résumé:
Le but de cet atelier est d’aborder le sujet de la commodification des connaissances et de la biodiversité, qui est à l’origine du CBD et du concept de Benefit sharing. La culture omniprésente consistant à tout transformer en produits commercialisables va contre la notion de propriété commune. L’exploitation à des fins d’enrichissement personnel a systématiquement diminué le volume de nourriture et porté préjudice aux intérêts communautaires et au domaine public. Le concept de Benefit sharing est un des modules les plus importants de ce paradigme, quand il s’agit de biodiversité et de connaissances traditionnelles. Au cours des dernières années, nous avons essentiellement réfléchi à la façon de rendre possible le Benefit sharing, mais le concept en lui-même a rarement été remis en question par ces groupes impliqués dans le CBD.

Au cours de cet atelier, nous nous attaquerons à ce paradigme en analysant de plus près les différents cas de biopiraterie et de Benefit sharing. Un de ces cas a été internationalement reconnu comme une grande réussite (Cf. Sommet de la Terre 2002) : le cas TBGRI-Kani à Kerala, en Inde. Cette opération fut reconnue comme un modèle novateur en ce qui concerne le Benefit sharing. Toutefois, les connaissances furent partagées entre des membres du Kani sans l’accord préalable des détenteurs de connaissances, des chefs traditionnels ou de la communauté. Suite à la commercialisation de l’arogyapacha, les lois sur le droit aux ressources des Kanis devinrent plus sévères et criminalisèrent leur accès déjà limité aux ressources dont ils avaient traditionnellement pu jouir. Par conséquent, cet accord de Benefit sharing a engendré des divisions et des conflits au sein de la communauté Kani et a modifié le schéma d’autorité indigène.

Une autre étude de cas portera sur le Cap-Oriental, en Afrique du Sud, et sur deux espèces de plantes médicinales, le Pélargonium sidoides et le Pélargonium réniforme. Ce cas est unique car il couvre de nombreux sujets : la bioprospection des espèces endémiques à l’Afrique du Sud/Lesotho ; les effets négatifs sur l’environnement et les interdictions liées à la moisson sauvage et l’export des ressources ; grave iniquité en ce qui concerne la distribution du montant des recettes venant de l’utilisation des ressources biologiques ; détournement avoué et commodification des ressources biologiques et des connaissances indigènes. Au cœur de toute cette complexité se trouve un phytomédicament lucratif commercialisé en Europe et aux Etats-Unis par une entreprise pharmaceutique allemande et trois brevets internationaux illégaux délivrés à la même entreprise par le l’Office Européen des Brevets.

Ces études de cas illustrent le défaut intrinsèque de tout accord de Benefit sharing incluant un groupe mais excluant les autres impliquées dans la protection de la biodiversité et des connaissances. Ces études de cas démontreront en quoi le Benefit sharing est un concept mort (Devinder Sharma).

Le Benefit sharing a été utilisé très intelligemment par les chercheurs et les décideurs pour promouvoir les intérêts des entreprises et, par la même occasion, en oublier les droits des communautés autochtones qui préservaient la connaissance associée aux ressources désirées. Ces études de cas seront présentées essentiellement afin de contribuer à une nouvelle approche qui vient contrecarrer le discours dominant qui est basé sur la commodification des ressources biologiques et génétiques et sur le savoir traditionnel.

En nous basant sur des consultations faites en Inde et en Afrique du Sud, notre but est de développer notre propre paradigme sur la façon de gérer la biodiversité et les connaissances de manière non-intrusive. Nous encourageons les autres groupes à nous faire partager leurs expériences, afin de créer un réseau mondial qui permettra de récupérer la nourriture et de rendre plus fortes les communautés qui sont de plus en plus dépossédées de leurs droits.

Type d’atelier
Etablissement d’un réseau et planification stratégique. 

Bienvenue et Introduction

Le contexte général : Farida Akther (UBINIG)

Etude de cas :

1) La biopiraterie et l’accord Kani à Kerala, Inde (Usha S. – THANAL)

2) La biopiraterie du Pélargonium en Afrique du Sud (Mariam Mayet – ACB)

3) La biopiraterie dans les Andes, Pérou (Alejandro Argumedo – ANDES)

Récapitulatif : Les leçons que nous pouvons en tirer.

Approches alternatives à la biodiversité et à la connaissance indigènes.

A la recherche de notre paradigme – Discussion

Plus de moyens de communication, d’établissement de réseaux et/ ou comment mener une campagne.

Dernières Contributions

Benefit Sharing?Partage des bénéfices?VorteilsausgleichDistribución de beneficios?

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